Congé création d’entreprise : 2 mois de délai, 30 jours pour la réponse
Congé création d’entreprise : 2 mois de délai, 30 jours pour la réponse
Créer ou reprendre une activité sans rompre immédiatement son contrat de travail est possible grâce au congé pour création ou reprise d’entreprise. Ce dispositif permet de consacrer du temps à un projet entrepreneurial tout en conservant, sous conditions, une possibilité de retour dans l’entreprise. Son intérêt dépend à la fois de la sécurité offerte au salarié et du respect d’une procédure précise.
Congé total, temps partiel ou démission : trois choix très différents
Le congé pour création ou reprise d’entreprise s’adresse au salarié du secteur privé qui souhaite créer ou reprendre une entreprise. Le contrat de travail n’est pas rompu : il est suspendu pendant un congé total. Le salarié peut aussi demander un passage à temps partiel pour continuer à travailler tout en développant son projet.
Testez vos connaissances sur le congé création d’entreprise
Répondez aux 6 questions, puis validez vos réponses pour découvrir votre score et les corrections.
| Option | Relation avec l’employeur | Rémunération | Retour dans l’entreprise |
|---|---|---|---|
| Congé total | Contrat suspendu | Pas de salaire versé au titre du contrat suspendu | Possible à l’issue du congé, sur l’emploi précédent ou un emploi similaire |
| Temps partiel pour création | Contrat maintenu avec horaires réduits | Salaire correspondant au temps travaillé | Retour à temps plein selon les modalités applicables |
| Démission | Contrat rompu après préavis | Fin du salaire à la rupture | Aucune garantie de réintégration |
Le bon choix dépend de la maturité financière du projet et du besoin de conserver un revenu régulier. Le congé total libère réellement du temps, mais impose de financer une période sans salaire. Le temps partiel limite ce risque et peut convenir à une phase de test commercial, de prospection ou de préparation administrative.
Vérifier son éligibilité avant de solliciter son employeur
Une ancienneté de 24 mois en principe
À défaut de règle plus favorable ou différente prévue par un accord collectif d’entreprise ou de branche, le salarié doit justifier de 24 mois d’ancienneté, consécutifs ou non. Cette ancienneté peut être appréciée dans l’entreprise ou, lorsqu’elle appartient à un groupe, au sein du groupe. La convention collective applicable figure généralement sur le bulletin de paie. Il est donc utile de la consulter avant toute démarche.
Le dispositif ne peut pas être enchaîné sans limite. Un salarié ayant déjà bénéficié d’un congé ou d’un temps partiel pour création ou reprise d’entreprise doit en principe attendre 3 ans avant de présenter une nouvelle demande. Cette vérification évite de bâtir un calendrier de lancement sur un droit qui ne serait pas encore ouvert.
Un projet identifiable et compatible avec l’emploi actuel
La demande doit porter sur une création ou une reprise d’entreprise réelle et préciser l’activité envisagée. Il n’est pas nécessaire que toute la structure soit déjà finalisée, mais le projet doit être suffisamment défini pour être présenté clairement. Même si une clause d’exclusivité peut être levée temporairement dans ce cadre, l’obligation de loyauté demeure. Le salarié ne doit pas détourner les clients, les informations, les fichiers ou le savoir-faire de son employeur, ni développer une activité concurrente dans des conditions déloyales.
Une baisse de revenus peut rapidement peser sur les décisions liées au lancement. Préparer avant le départ une trésorerie personnelle, un budget de démarrage et un seuil de revenu minimum aide à choisir entre congé total et temps partiel. Le droit au retour protège l’emploi, mais il ne finance pas les premiers mois de l’entreprise. Cette distinction doit être intégrée au plan de financement.
Déposer une demande formelle dans les bons délais
En l’absence de dispositions conventionnelles particulières, la demande doit parvenir à l’employeur au moins 2 mois avant la date souhaitée de début du congé ou du temps partiel. Une lettre recommandée avec avis de réception ou une remise en main propre contre décharge permet de conserver une preuve certaine de la date de notification.
Les informations à faire figurer dans le courrier
Le courrier doit être direct et complet. Il indique la nature du projet, création ou reprise, l’activité envisagée, la date de départ souhaitée, la durée demandée et le choix entre congé total ou réduction du temps de travail. Pour une demande de temps partiel, il est prudent de proposer la quotité de travail et la répartition envisagée afin de faciliter l’organisation du service.
- Vérifier l’ancienneté et l’existence d’un accord collectif applicable ;
- Choisir une date de départ compatible avec le délai de 2 mois ;
- Préciser l’activité créée ou reprise sans divulguer d’informations inutiles ;
- Conserver une copie de la demande et l’accusé de réception ou la décharge ;
- Anticiper le financement personnel, les congés payés et un éventuel compte épargne-temps.
La durée maximale est, par défaut, de 1 an. Elle peut être renouvelée une fois, ce qui porte potentiellement la période à deux ans. Un accord collectif peut toutefois prévoir des modalités différentes. Mieux vaut demander une durée cohérente avec l’étape réelle du projet qu’un horizon trop large sans plan d’action précis.
Acceptation, report ou refus : ce que l’employeur peut décider
L’employeur doit répondre dans un délai de 30 jours. Son silence à l’issue de ce délai vaut acceptation. Il peut accepter la demande, proposer un report ou, dans certains cas encadrés, la refuser. Une réponse écrite est utile pour fixer les dates et permettre au salarié de connaître précisément sa situation.
Le report peut atteindre 6 mois
Un report peut être justifié par les nécessités de service ou par le nombre de salariés déjà absents au titre de certains congés. Il est limité à 6 mois. Ce décalage ne remet pas nécessairement le projet en cause, mais il doit être intégré au calendrier de financement, de recherche d’un local, de signature d’un bail ou de reprise d’un fonds.
Le refus n’est pas libre
Dans les entreprises de moins de 300 salariés, l’employeur peut refuser lorsque l’absence est susceptible d’avoir des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l’entreprise. Le refus doit être motivé. Dans les structures de 300 salariés ou plus, la possibilité de refus est beaucoup plus limitée. En cas de désaccord sur un refus ou un report, le salarié peut demander conseil et envisager une contestation devant le conseil de prud’hommes.
Préparer la suspension du contrat et le retour éventuel
Pendant un congé total, le contrat est suspendu et le salarié n’est pas rémunéré par son employeur. Il conserve néanmoins le lien contractuel qui permet une réintégration. Les prestations sociales et les garanties collectives doivent être examinées au cas par cas, notamment pour la complémentaire santé et la prévoyance. Il est également utile de vérifier les règles relatives au compte épargne-temps, à la participation et au plan d’épargne entreprise.
Les congés payés acquis peuvent, sous conditions, faire l’objet d’un report. Ils ne doivent pas être confondus avec la rémunération du congé pour création d’entreprise. Ils peuvent contribuer à sécuriser la transition, sans modifier le caractère non rémunéré de la période de suspension.
À la fin du congé, revenir ou quitter l’entreprise
Si le projet n’aboutit pas ou si le salarié souhaite reprendre son parcours professionnel, il peut demander sa réintégration dans son emploi précédent ou dans un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente. S’il choisit de poursuivre son activité entrepreneuriale, il peut démissionner. Dans les deux cas, il faut anticiper la décision et respecter les modalités prévues par l’accord collectif ou la procédure applicable.
Le congé pour création d’entreprise est un dispositif de transition, pas une simple absence autorisée. Une demande préparée, des délais maîtrisés et une séparation nette entre le projet entrepreneurial et les intérêts de l’employeur permettent de l’utiliser dans de bonnes conditions.